Sommaire
- Petit retour sur début 2023
- Des sponsors
- En route pour la Finlande
- IRONKIDS
- Un jour de course
- Natation
- Vélo
- Course à pied
- Des stats
Je sens Audrey qui me secoue pour me réveiller, je sors tranquillement du sommeil alors qu’elle me chuchote “Il est 5h30, le réveil n’a pas sonné!” (pour plus de précision, elle a chuchocrié selon elle). Le réveil était censé sonner il y a 1h, et 5h30 c’était l’heure du départ pour se rendre aux championnats du monde de half IRONMAN qui avaient lieu ce matin là. Il y a une heure de route et le parc à vélo ferme à 7h30, autant dire qu’on commence à être en flux tendu. Encore une course qui démarre bien!
Il s’est passé pas mal de choses depuis l’échec d’Hawaï en Octobre dernier, et inutile de rappeler qu’en rentrant, je n’allais pas en rester là. Audrey m’avait prévenu “Si tu t’arrêtes là dessus tu vas le regretter toute ta vie”, et comme j’écoute toujours ma femme (même si je ne l’admets pas toujours), on a décidé de la suite. Il en est ressorti deux choses: Le triathlon ça prend du temps et il faut trouver le bon équilibre avec la vie de famille et la vie professionnelle. Faire une sortie vélo de 6h le dimanche matin c’est franchement pas un cadeau, pour celui (ou celle en l’occurrence) qui doit garder les enfants et aussi pour celui qui part rouler! Donc quitte à mettre le paquet pour s’entraîner, autant trouver du temps pour le faire avec le moins d’impact possible. C’est là où j’ai sollicité mon entreprise (Doctolib) pour passer à 80% (encore une bonne idée de ma femme). Et j’en profite pour les remercier (merci Florian et Stan pour votre confiance). Le jeudi sera désormais pour s’entraîner, et vu les séances que j’allais manger, c’était pas de trop. Passé un certain niveau de performance, on commence aussi à chercher à maximiser l’entraînement pour qu’il soit le plus efficace possible, et comme le volume d’entraînement est un gros facteur de progression, je ne voulais pas me tromper dans la méthode. C’est pourquoi j’ai demandé de l’aide d’un coach, c’est là qu’entre en scène Romain Guillaume, triathlète pro, chaudement recommandé par Hind, une triathlète que j’avais rencontré en 2019 pour l’IRONMAN de Finlande (coucou Hind!).
Depuis Novembre dernier, je me suis remis au travail, avec beaucoup d’application, et pleins de nouveaux conseils et méthodes venant de Romain. Pas une révolution en soit puisque le principe reste le même. De la régularité, de la progressivité et du volume et de l’intensité aux bons moments. Le fait de ne pas tout décider relâche beaucoup le stress, sachant qu’il est parfois difficile d’être objectif lorsque l’on “s’auto coach”. Romain m’a beaucoup rassuré et décomplexé sur la façon de s’entraîner, et surtout des moments où il ne faut plus s’entraîner. Il m’a aussi apporté son expérience de pro et des séances que je n’aurais JAMAIS osé faire, parce que je me serais dit que c’était du suicide. Et finalement ça passe, même quand il programme 7h d’entraînement un jeudi. Même pas mal. Même quand l’intitulé de la séance c’est “Enchaînement du vélo - ça va piquer !!!!!!!!”. A la fin, le coach sait mieux que nous même ce dont on est capable. “Trust the coach, trust the process”. Qu’on soit bien d’accord, globalement tout s’est bien déroulé, il y a quand même des séances où on se sent minable et tout est dur alors que c’est une séance tranquille, des moments où on resterait bien au chaud à la maison parce qu’on est fatigué et qu’il pleut dehors (il pleut jamais en Normandie). Et le lendemain tu as l’impression d’être une machine de guerre pendant la séance la plus dure de la semaine. Pas facile de comprendre comment notre corps fonctionne des fois 😂
Bref, avoir un coach du calibre de Romain, c’est une super expérience!
Petit retour sur début 2023
Pour cette année, j’avais 4 grosses échéances:
- Le triathlon de Vendôme fin Mai (distance half IRONMAN)
- L’IRONMAN de Klagenfurt en Autriche à la fin Juin (pour aller faire tomber les chronos)
- Les championnats du monde de Half IRONMAN à Lahti en Finlande (c’est de ça qu’on parle dans ce rapport pour ceux qui ne suivent pas) fin Août, grâce à ma qualification à Weymouth en Angleterre en Septembre 2022 (où j’avais gagné dans ma catégorie, et où je n’avais pas pris le temps d’écrire un rapport de course!)
- l’IRONMAN de Floride aux Etats-Unis début Novembre… pour aller chercher une fois de plus la qualification à Hawaï en 2024 Beau programme!
Le début de saison avec les cross s’est plutôt bien déroulé, même s’il me restait des douleurs au talon (des suites de mon opération un an plus tôt! C’est long la rééducation quand ça touche aux tendons), l’entraînement se passait bien et j’ai commencé à reprendre confiance.
Une deuxième place au triathlon L de Vendôme à la fin Mai a confirmé que la forme était revenue, même si j’ai souffert et que j’étais assez déçu de ma course à pied. Peut être que certains diront “ah bah c’est quand même bien de finir sur le podium en faisant pas une bonne course”, oui mais c’est loin d’être satisfaisant, j’ai fait quelques erreurs que je n’aurais pas dû faire, et j’avais surtout envie de bien faire pour me remettre en selle après Hawaï. Bref, la course m’a laissé un goût d’inachevé et une petite douleur au talon, alors que j’avais l’impression que l’histoire était belle et bien terminée. J’ai senti pendant la partie course à pied plusieurs fois mon talon qui piquait un peu, il faut dire que les parties dans les chemins d’herbes hautes rendaient le sol instable.
La douleur s’est confirmée quand j’ai repris l’entraînement, et mon kiné (ce cher Antoine) m’a confirmé qu’il y avait une petite inflammation, rien de très grave mais qu’il faudrait être patient. Sauf que l’IRONMAN d’Autriche était un mois après. J’ai fait de mon mieux pendant ce laps de temps pour faire avec l’inflammation, elle ne s’est pas améliorée mais n’a pas empiré. J’étais tellement habitué à cette douleur qu’elle ne m’a pas empêché de m’entraîner.
Arrivé à en Autriche je m’étais fait une raison, on verra bien pendant la course! C’est dommage parce que cette course aussi mériterait son rapport de course, mais là franchement c’est dur de tout faire. Soit je fais un bon résumé, soit je m’abstiens. Je ne peux pas me résoudre à écrire un truc à la va vite. Et écrire le rapport me prend facilement 5h, souvent à coup d’une demi-heure par ci par là. Bref, mis à part les paysages magnifiques de l’Autriche, j’ai sorti la meilleure natation de ma vie en 56’, je visais moins d’une heure, je n’ai pas été déçu. Enfin l’impression d’être plus du côté d’un poisson dans l’eau que d’un caillou. J’avais fait quelques séances avec Valéry (Toupin) avant cette course et dans ma tête je n’arrêtais pas de me dire “fais le dauphin comme Valéry”.
De l’intérieur ça semblait marcher, vu de l’extérieur… je ne sais pas, mais j’étais quand même content de moi! Enchaînement sur le vélo au poil et un super parcours de 180km, où je me suis clairement bien amusé. Seule la dernière heure commençait à être un peu dure, mais j’ai sorti le meilleur vélo de ma vie aussi en 4h58’, à 36km/h de moyenne, cool! Enchaînement à pied au poil également, et étonnamment zéro douleur au talon, j’étais euphorique. Je passe les 10 premiers kilomètres en 42’, parfait pour l’objectif de moins de 3h sur le marathon et sous les 9h au total. Je me sentais vraiment bien jusqu’à ce que mon talon me rappelle à l’ordre et me dise stop. J’ai serré les dents, puis j’ai commencé à ralentir, puis à boiter de plus en plus.
Je me suis alors dit deux choses:
- Je finis la première boucle (la course était composée de 2 boucles de 21km) parce qu’Audrey m’attend là bas, et je ne veux pas qu’elle s’inquiète
- J’arrête la course ici, je sais que je peux la finir mais si c’est pour endommager mon talon, aucun intérêt. Ce n’était pas une course majeure (à part aller chercher un chrono), et le reste de l’épreuve c’était très bien passé.
Je m’arrêterais donc au kilomètre 21, mais sans regret et avec l’esprit tranquille. Audrey était bien plus dégoutée que moi! Je me souviens juste lui avoir dit: “Mon talon me fait mal ça sert à rien de continuer, c’est un peu frustrant. En plus je ne suis même pas fatigué”. Et c’était vrai, j’étais pas spécialement fatigué, même pas mal aux jambes. Plutôt un bon signe, la préparation était vraiment bonne. Mais on n’est pas là pour parler de l’Autriche!
Des sponsors!
Après ça, sont arrivées TROIS super nouvelles, j’ai trouvé TROIS sponsors pour m’accompagner 🎉
C’est une action que j’avais initié avant Hawaï (un peu dans la précipitation il faut dire) et mon club et la ville du havre avait répondu présent pour me donner un coup de main (financier). Cette fois-ci j’ai encore mis à contribution mon book pour démarcher des entreprises. C’est assez dérangeant et bizarre (pour moi) de faire ça. Le sport est une passion et je ne le fais pas pour gagner de l’argent. Mais c’est un bon moyen d’impliquer des acteurs locaux, ou simplement faire participer des gens à une aventure sportive.
C’est comme cela qu’en Juin, l’entreprise Tacher Acogex, cabinet d’experts-comptables, s’est portée volontaire pour m’accompagner dans mon projet sportif. Je ne pourrai jamais remercier suffisamment Laura de croire en moi! C’est ensuite Precision Fuel & Hydration, une entreprise de nutrition sportive britannique qui m’a offert son soutien, et vu la quantité de nourriture que l’on ingère pour s’entraîner en triathlon, cette aide est la bienvenue. Et j’ai également la chance de pouvoir compter sur Culture Vélo Le Havre pour m’épauler, et me garantir de la performance en m’aidant à financer l’acquisition d’une roue lenticulaire, et l’entretien de mon matériel. C’est un énorme plus pour ma pratique!!
Merci à tous pour votre soutien!
En route pour la Finlande
Revenons à nos moutons. Nous voilà partis pour la Finlande (nos deux filles, Audrey et moi), accompagnés de nos chers amis Mélanie et Vincent et leurs deux enfants. Bon j’ai dû prendre l’avion la veille parce que mon vélo avait été refusé une semaine avant pour une histoire de quota de bagages hors format. Je vous passe la panique, le changement de vol avec frais supplémentaire, et les frais annexes en plus (train, nuit d’hôtel, etc.). Même si c’est pas la première qu’il nous arrive des bricoles, c’est beaucoup d’énergie et de stress. Tout le monde est arrivé sains et saufs, et nous voilà de nouveau sur les routes de Finlande au milieu des forêts et des lacs, après un dernier coup de stress parce qu’on a eu du mal à faire rentrer la housse du vélo dans la voiture (on a eu chaud pas vrai Vincent?). Franchement il ne faut pas voyager avec un vélo c’est “un peu” galère.
Je ne vais pas vous faire un récit de nos vacances, mais entre la maison au bord du lac sans voisins à portée de voix, la pêche à la sauterelle, les balades en barque et la peau d’ours sur le mur du salon, c’était un vrai bonheur d’être là.
IRONKIDS
Les enfants ont aussi eu droit à leur première course pour l’IRONKIDS, enfin sauf Livia qui avait déjà fait sa première course à Hawaï (il y a pire comme début dans le sport). Un autre moment plein d’émotions, Pénélope, du haut de ces 1 an et demi, à fait les 300 mètres d’une traite (elle a essayé d’aller manger le cookie d’un enfant sur le bord aussi), Esteban est parti tellement vite qu’il a failli nous semer, et Paola nous a fait un sprint d’anthologie de 200 mètres. Trop cool! Tout ça dans un stade d’athlétisme gigantesque, au pied des tremplins de saut à ski, très très impressionnant.
Un jour de course
Si vous vous souvenez du début du récit, on s’est levé en retard, mais on est quand même arrivé à l’heure et avant la fermeture du parc à vélo, finalement on s’est mis la pression pour rien, ah ah… J’étais étonnamment serein ce matin, Audrey pas tellement, alors que d’habitude c’est l’inverse. C’est bien des fois d’échanger les rôles. Parce que le stress d’avant course n’est vraiment pas la partie que je préfère.
On arrive sur le lieu de la course sans problème, je passe au parc à vélos. Tout est ok, le vélo est prêt (avec ma magnifique roue lenticulaire que j’ai acquise grâce à Culture Vélo Le Havre!), j’ai déposé mes bouteilles dessus, les chaussures sont clipsées sur les pédales et maintenues par des élastiques (pour pouvoir sauter sur le vélo à la sortie de la transition), et les pneus sont bien gonflés. Direction la zone de départ à environ 1km de là. Les pros ont déjà commencé et sont sortis de l’eau, j’aurai bien aimé aller les voir mais moi aussi je fais la course!
Petit footing de 5min, je mets la combi, je nage 5min (une très bonne habitude que j’ai prise, ça m’évite d’avoir les épaules qui brûlent en début de course, très désagréable), même si je ne suis pas fan de me mouiller avant de partir. Il est 8h20 et mon départ est dans 10 minutes. Donc je me dis que ce serait pas mal d’y aller. Je finis de me préparer, tout le monde me souhaite bonne chance, je verse une petite larme (la base), c’est tellement cool d’avoir ma famille et mes amis à mes côtés.
Je pars pour la zone de départ, chaque groupe d’âge part séparément toutes les 15min, avec un rolling start (c’est-à-dire par groupe de 7). Je suis étonnamment seul, même si le départ est dans 5 minutes. Je me dis quand même que c’est bizarre que personne ne soit là 5 minutes avant le départ, et puis je me dis ensuite qu’en fait je dois plutôt être le SEUL QUI N’EST PAS ENCORE dans la zone de départ. Petit coup de stress et un sprint plus tard, je rejoins les quelques 500 autres athlètes de ma catégorie, qui étaient déjà tous prêts. Des fois je mérite une petite (grosse selon ma femme) tape derrière la tête. Le mec prend son temps sans paniquer et a failli louper le départ.
C’est pas comme s’il ne m’était jamais arrivé de bricoles. Bref, me voilà prêt, j’essaie de me faufiler pour aller un peu à l’avant mais je me retrouve vite coincé, et je m’en veux parce que je sais que je vais nager avec des triathlètes moins rapides que moi dans l’eau, et ça c’est pas bon. Cela veut dire que je vais passer mon temps à slalomer et perdre du temps. Une erreur de plus à ne pas refaire. On part d’un ponton qui est à un mètre au-dessus de l’eau, je le savais à l’avance donc j’ai pû pratiquer le plongeon pour avoir la technique et ne pas perdre mes lunettes en cours de route. Je suis serein et chaud pour y aller.
A mon tour!
Natation
Quelques mètres à courir avant de plonger, où tout le monde se bouscule joyeusement (on reste tous des garçons qui aiment se chahuter dans le fond ah ah ah), et je “plonge”. Le plongeon en lui même n’était pas mauvais (j’ai pas fait de plat), mais les deux gars à côté de moi ont fait un saut pieds joints en me poussant en même temps, donc j’ai plongé bien de travers. Et j’ai perdu mes lunettes au passage… je ressors les lunettes de travers, heureusement que personne ne voit, je les remets et je fais le moulin avec mes bras pour me faire une place. Désolé ceux qui ont pris des coups, c’est le jeu. En même temps j’en ai pris quelques-uns aussi.
La natation se passe bien, même si comme prévu je passe mon temps à doubler et à zigzaguer pour dépasser les gens. L’eau est moins froide que prévu (18 degrés), probablement à cause de la quantité d’adrénaline qui circule dans mes veines. Je dois plusieurs fois m’arrêter complètement parce que des gros paquets se sont formés. C’est un peu chaotique. Globalement j’aurais quand même bien nagé, et bien mieux que les années précédentes, en 28’55”. Je sais que j’aurais pû nager plus vite, mais encore aurait-il fallu arrêter d’être dans la lune au départ!
Beaucoup de spectateurs et pas mal d’ambiances pour la transition, avec tous mes supporters sur le côté! Le parc à vélo est assez grand donc il y a quand même pas mal de trajet pour récupérer le sac, se changer, prendre mon bracelet porte bonheur (confectionné par Paola 💙), prendre le vélo et partir sur le parcours. 5 minutes plus tard, je passe la ligne de montée et monte prudemment sur mon vélo, j’avais quand même un peu froid aux mains.
Vélo
Le début de course est roulant, comme le reste finalement, pas de difficultés majeures à part quelques côtés qui ne durent jamais plus de 5-10 minutes, donc autant vous dire que ça roulait vite! Les routes sont droites et bien entretenues, c’est très agréable. Pas mal de monde déjà sur le vélo, nous étions (les 30-34 ans) partis après beaucoup d’autres catégories. Après quelques kilomètres, une invitée (bien trop connue en Normandie) est arrivée pour la fête. La pluie. Pas les gouttes de pluie. Les GROSSES averses. Une minute plus tard j’étais trempé, et la pluie ne s’est pas arrêtée jusqu’à la fin de la journée. J’avais l’impression d’être à la bataille du gouffre de Helm dans le seigneur des anneaux. On pense vraiment à des choses bizarres pendant une course. J’ai aussi pensé à mon discours de la semaine d’après, car je devenais le parrain de la fille de mes amis.
Voilà, sous la pluie battante, avec les bras de plus en plus gelés, et à faire gaffe de ne pas tomber. Pas grand chose à dire pendant le vélo puisque je ne voyais rien avec la pluie, à part les mecs qui roulent en peloton alors que c’est interdit, pendant que les arbitres passent sans rien dire.
Ça me sidère. Les gars sont là aux championnats du monde de half IRONMAN et ils trichent (à partir du moment où tu ne respectes pas les règles, c’est de la triche, soyons honnêtes). Un peu déçu de l’attitude des athlètes, mais peut être que j’en demande trop. J’aurais bien aimé que les arbitres de l’IRONMAN d’Autriche soient là, eux ils étaient intransigeants. Je me souviens que j’étais dans un groupe de 7, je faisais bien attention à respecter la distance de drafting (c’est-à-dire suffisamment loin du vélo devant moi pour ne pas être dans la zone d’aspiration et risque une pénalité de 5 minutes), mais j’étais le seul. Les arbitres sont passés une fois en moto, se sont arrêtés au rond point suivant, et sont repassés en mettant un carton de pénalité à tout le monde sauf moi. Ah ah ah.
En tout cas, le plus dur était de boire parce que j’avais les mains tellement gelées que je n’arrivais pas à appuyer sur ma gourde. J’arrive à la fin du parcours et j’entends le doux son du mégaphone de ma femme, quel plaisir! Je commençais tout de même à avoir mal aux jambes à la fin, mais rien de méchant, pour l’instant tout roulait. 2h15’50” pour faire les 90km, 39,7km/h de moyenne, je n’ai jamais roulé aussi vite!
La zone de transition est un énorme (mais énorme!) hangar dédié au sport, et il me faut encore plus de 4 minutes pour faire la transition à pied. C’est dingue la taille des infrastructures sportives dans cette ville de Lahti.
Course à pied
A part les doigts gelés, le reste du corps va bien, et je m’élance joyeusement pour un semi marathon, bien décidé à me faire plaisir et à annuler la malédiction de mon talon.
Le parcours à pied est assez exigeant, avec quelques bosses et des montées très longues. Plus de 200m de dénivelé positif, c’est beaucoup sur un semi. Pas du tout une course plate donc inutile d’espérer aller chercher un chrono fantastique. 2 tours de 10,5km, avec un passage sur le stade où l’on avait fait l’IRONKIDS. La course alterne des passages en forêt, traverse des habitations en bord de lac, c’est vraiment une course à pied sympa.
Premier tour bouclé sans encombre, avec des supers sensations. J’ai doublé beaucoup de monde et je courre à plus de 16km/h, je suis vraiment très satisfait. Je me souviens être passé devant le panneau 15km (pour le deuxième tour), et m’être dit “quand tu passeras là au deuxième tour, plus rien ne pourra t’arriver, donc ce sera le moment de profiter à fond”. J’ai croisé tous mes supporters, qui malgré la pluie sont présents pour m’encourager.
Je démarre la seconde boucle et je sens qu’un athlète commence à me rattraper. C’est la première personne qui va me doubler, et je me dis que c’est le moment de s’accrocher et de voir ce qu’il me reste dans les jambes. La personne arrive à ma hauteur et je me cale sur son rythme, qui n’est finalement pas beaucoup plus élevé que le mien. On ne s’est pas regardé mais j’ai senti un accord tacite et une synchronisation qui s’est tout de suite établie. Peut-être que certain(e)s trouveront ça étrange mais la connexion était là. Et le festival a pu commencer! On s’est mis à un très bon rythme et on a avalé la concurrence. J’avais l’impression d’être un rouleau compresseur et les kilomètres défilaient sans effort. C’était vraiment grisant. C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Read (Ziegler). Bien qu’ayant des foulées très différentes, lui très puissante et plutôt terrestre, et moi assez élastique et aérienne (une vraie biche), on se relançait mutuellement dans les montées et les descentes. Il a quand même un physique impressionnant et j’ai l’impression de courir à côté de terminator 😂
En passant le 15ème kilomètre, je me suis dit que c’était encore plus facile que je croyais de profiter du moment présent. On vit parfois des aventures assez inédites, je suis au milieu de la Finlande avec mes proches, en train de participer aux championnats du monde de half IRONMAN. Il pleut averse, j’ai eu une année compliquée sur le plan physique, mais je viens de trouver un copain pour courir la fin du semi marathon et je me sens super bien. Quel kif!
On arrive au 19ème kilomètre et la course se termine bientôt, et je me décide à entamer la conversation avec Read. On a couru presque 10km côte à côte sans échanger une parole, même en commençant à courir ensemble. Il me dit que c’est son premier tour, puisqu’il est dans la catégorie 25-29 ans et ils sont partis après nous. Je lui dis que je suis triste de devoir finir la course et que j’aurais bien fait un troisième tour, même si bon, je me sens bien mais je commence quand même à fatiguer. Il me dit enfin que je vais lui manquer 🤗 Il reste 1km, je dis à Read que je vais lâcher les chevaux pour finir la course, et je lui souhaite de s’amuser et de se faire plaisir sur le deuxième tour, ce à quoi il me répond un “Yes, Sir” tellement américain ah ah ah. Je passe en trombe devant mes supporters, et finis la course dans un état un peu second, tellement soulagé d’enfin sortir une bonne course sans douleur. J’ai un vague souvenir “d’exprimer ma joie” (lire crier de toutes mes forces) avant la dernière ligne droite et la ligne d’arrivée, et boucler ce semi marathon en 1h19’12” et cette course en 4h12’18”. Mon meilleur chrono sur cette distance, malgré le parcours assez difficile et la pluie digne d’un automne normand. L’entraînement et les efforts ont payé.
Read finira la course en 4h05’42”, une vraie machine de guerre. Je suis vraiment content d’avoir partagé ce moment avec lui, moi qui ait l’habitude de courir seul, c’était très cool de courir avec quelqu’un, et encore plus avec quelqu’un de sa trempe!
Je termine au final 47ème/518 dans ma catégorie des 30-34 ans, avec une densité très élevée (les 4 devant moi sont à moins de 30 secondes), et 203ème/3935 au général (avec les pros). Bonne évolution depuis les championnats du monde à Nice en 2019 où j’avais terminé 163 de ma catégorie (plus de 100 places de gagnés, vivement les prochains!).
Merci de m’avoir lu jusqu’ici, c’est quand même plus sympa d’écrire des rapports de “bonnes” courses! Que dire à part un énorme merci à toutes les personnes qui m’accompagnent et me soutiennent dans mes aventures, mes merveilleuses filles qui ont subi la pluie pendant la course, ma famille, mes amis, mes collègues (actuels ou anciens), mon coach Romain Guillaume, mes partenaires (Tacher Acogex, Culture Vélo Le Havre, Precision Fuel & Hydration), mes kinés/ostéo Antoine et Pierre-Antoine (coeur sur vous), mon club le HAC triathlon, ma chère team SRE 💚💙 (qui sont témoins chaque Vendredi de l’intensité des entraînements des Jeudis 😂), mon entreprise Doctolib, l’AB Sports Piscine et SPA (on est toujours bien accueilli, et j’ai toujours droit à une installation spéciale pour mes séances 😀), et mon village de Mannevillette.
Et encore et toujours la personne qui est toujours présente à mes côtés, et sans qui je ne serai que l’ombre de moi même 🩵 (encore qu’on a failli rater la course à cause du réveil!). Je le dis souvent, mais au-delà de la course et des entraînements, c’est toute une organisation et une logistique auxquelles il faut réfléchir pour que tout fonctionne, pour aller jusqu’à la course et surtout ne pas mettre en péril son couple. On fait vraiment équipe avec Audrey, et là plupart des actions que l’on met en place viennent d’elle. C’est le cerveau du groupe soyons honnêtes 😂 moi je suis les jambes et j’exécute.
Pour finir, la vie c’est comme les ascenseurs, il y a des hauts et des bas. Quand il y a des bas, il faut serrer les dents et redoubler d’efforts en attendant de remonter la pente. Quand il a des hauts comme aujourd’hui, il faut profiter du moment au maximum, avant le nouveau bas 😂
Des stats!
Un peu de statistiques et de données sur la course:
Natation:
- Strava - Natation
- 28’55”
- 1’30”/100m
- 54 sTSS
Vélo:
- Strava - Vélo
- 2h15’50”
- Vitesse moyenne: 39,7km/h
- Vitesse maximum: 68,7km/h
- Puissance normalisée: 244 Watts
- Puissance maximale: 585 Watts
- Dénivelé positif: 708m
- 149 TSS
Course à pied:
- Strava - Course à pied
- 1h19’12”
- Allure moyenne: 3’47”/km (15,9km/h)
- Allure maximum: 3’15”/km (18,5km/h)
- Dénivelé positif: 201m
- 135 rTSS
Nutrition:
- Avant la natation:
- 1 PF&H caffeine gel 30g
- Transition T1:
- 1 PF&H caffeine gel 30g
- Vélo:
- 2 gourdes (1L chacune) avec 60g de PF&H mix (60g de glucides/1000mg de sodium)
- 1 PF&H caffeine gel 30g
- 1 PF&H gel 90g
- Transition T2:
- 1 PF&H caffeine gel 30g
- Course à pied:
- 1 PF&H gel 90g
- 1 soft flask (500mL) avec PF&H electrolytes (1000mg sodium)
Donc au total environ 109,7g de glucides, 731mg de sodium et 605mL d’eau par heure pour cette course. Pile ce que j’avais prévu et pratiqué à l’entraînement.
Je vous laisse sur la vue qu’on avait sur le lac depuis notre maison finlandaise.