IRONMAN Nice 2019

ArrivĂ©e Ă  Nice le mercredi, histoire de s’acclimater Ă  la chaleur et de profiter de la rĂ©gion (on n’aurait jamais dĂ» dĂ©mĂ©nager d’ici!). RĂ©cupĂ©ration des dossards, sacs de transitions et dĂ©pĂŽt du vĂ©lo OK, je suis plus dĂ©tendu qu’Ă  l’IRONMAN 70.3 d’Aix-en-Provence, c’est dĂ©jĂ  un bon point. Je trouve pleins de mots de mes proches dans mon sac de dossard, ça donne de l’Ă©nergie!! Par contre ça cogne sur la prom', le temps de passer l’enregistrement tout le monde est en nage, ça s’annonce chaud pour dimanche.

Briefing de course le vendredi soir, et premiĂšre (mauvaise) annonce: la prĂ©fecture a imposĂ© le raccourcissement de l’Ă©preuve Ă  cause de la canicule, on fera donc la nage en entier, “seulement” 150km (180km normalement) de vĂ©lo et 30km Ă  pied (42km normalement). Un peu déçu de pas faire la vraie Ă©preuve, sachant que la raison de la chaleur est un peu controversĂ©e: en 2017 l’IRONMAN de Nice s’est dĂ©roulĂ© avec 37 degrĂ©s, et on ne parlera pas de l’Ă©preuve Ă  HawaĂŻ oĂč il fait un “peu” plus chaud. Le plus drĂŽle Ă©tant que la prĂ©fecture nous a fait signer une dĂ©charge de non responsabilitĂ© pour ne pas porter plainte contre eux s’il nous arrive quelque chose… ils auraient donc pu laisser l’Ă©preuve en entier! On dira qu’ils prĂ©fĂšrent respecter les directives du gouvernement. Enfin je me dis que ça ne m’empĂȘchera pas de m’amuser, je m’entraĂźne depuis le mois de novembre pour ça !

Passons aux choses serieuses, levĂ© Ă  4h le dimanche, la nuit est un peu courte mais la prĂ©cĂ©dente Ă©tait bonne (la plus importante), l’adrĂ©naline fera le reste. On colle les tatouages, on prend le petit dej (2 oeufs + olĂ©agineux = top Ă©nergie ), on attrape ma petite soeur ChloĂ© au passage et en route pour Nice ! Vu qu’Audrey connaĂźt bien Nice, on arrive Ă  100m de l’entrĂ©e du parc de transition, au poil! Je pose mon ravitaillement sur le vĂ©lo, et je pars pour la natation. J’Ă©tais parti pour me mettre dans le sas moins d'1h10 (j’avais mis 34min sur la moitiĂ© de la distance d’aujourd’hui Ă  Aix-en-Provence), et finalement je me mets dans moins d'1h08, car j’ai bien progressĂ© depuis. L’ambiance avant le dĂ©part est folle, l’organisation est vraiment forte pour booster les concurrents et le public. La combinaison tient beaucoup trop chaud, puisqu’il fait dĂ©jĂ  28 degrĂ©s.

TOP DEPART!

Natation

Je m’Ă©lance dans l’eau tel un dauphin (ce que je crois) ou une grenouille (la vĂ©ritĂ©), et premiĂšre dĂ©ception, l’eau ne va pas du tout me rafraĂźchir puisqu’elle est Ă  24,5 degrĂ©s 😂 le premier kilomĂštre se passe bien, je double beaucoup de gens, et je me dis qu’ils abusent de s’ĂȘtre mis dans ce sas alors qu’ils nagent moins vite. C’est pas grave, doubler des participants c’est bon pour le mental. J’avais apparemment mal mis ma lunette gauche, parce que je sens un petit filet d’eau salĂ©e dans mon oeil, au point qu’aprĂšs 1km5, je dois nager avec un oeil fermĂ©…

Je pensais tenir mais en fait fait l’eau salĂ©e ça pique les yeux đŸ€Ł je m’arrĂȘte 5 secondes pour remettre mes lunettes, beaucoup plus simple que ce que je pensais, la combinaison aide vraiment pour flotter. Je repars, je n’ai pas l’impression de faire ma meilleure nage mais mes bras sont forts et je garde une bonne cadence. Quelques embouteillages aux virages, quelques coups de poing et de pied (reçus et donnĂ©s, plaisir d’offrir, joie de recevoir), et quelques difficultĂ©s Ă  m’orienter, il faut dire que mettre des bouĂ©es de la mĂȘme couleur que les bonnets ça n’aide pas pour savoir oĂč on va.

Bref je commence Ă  battre des jambes un peu plus vite Ă  environ 300m de l’arrivĂ©e pour envoyer du sang, et je sors de l’eau sans souci, je regarde ma montre et m’arrĂȘte de surprise parce que je n’ai mis qu'1h01, bien plus rapide que ce que je croyais! Autant dire que je pars en bombe dans l’aire de transition gonflĂ© Ă  bloc!

Le temps de retirer ma combi, mettre mon casque et de la crĂšme solaire (je suis quand mĂȘme Ă  moitiĂ© anglais, cette population ne bronze pas trĂšs bien, ma mĂšre peut vous en parler 😂), je choppe mon vĂ©lo (enfin je galĂšre parce que les racks de vĂ©lo sont un peu bas pour les vĂ©los des grands) et je cours sous les encouragements d’Audrey et de ChloĂ©, aux avants postes et facilement reconnaissables avec le mĂ©gaphone !

VĂ©lo

DĂ©but de vĂ©lo sans encombre, ça fait du bien d’avoir un peu de vent. Le dĂ©but du parcours est roulant, quelques bosses mais on est encore frais Ă  ce stade de la course. Je mange dĂšs le dĂ©but pour rattraper la dĂ©pense de la natation et forcĂ©ment de l’eau parce qu’il fait dĂ©jĂ  trĂšs chaud! PremiĂšre vraie “bosse” aprĂšs 18km, 300 D+ sur 10km, c’est dĂ©jĂ  beaucoup moins drĂŽle, mais bon je connais bien mes zones d’allure et de frĂ©quences cardiaques, donc je me cale et j’attends que ça se passe. On repart sur une descente de quelques kilomĂštres et on s’attaque Ă  la vraie bosse du parcours: 1000 D+ sur 20km, et lĂ  c’est trÚÚÚs long surtout qu’on arrive dans les hauteurs et qu’il n’y a presque plus d’ombre. L’ambiance entre coureurs est top, j’ai discutĂ© avec un allemand, un hollandais, un belge et plusieurs français, comme ça tout le monde reste positif. Il faut dire que ça les faisait bien rigoler de me voir mettre ma crĂšme solaire pendant la montĂ©e (oui parce que j’avais pris un petit spray pour en mettre toute la course 😂).

Je bois et je mange rĂ©guliĂšrement, comme Ă  l’entraĂźnement tout va bien! On arrive au plateau en haut de la cĂŽte je peux relancer correctement, et les jambes ne sont pas fatiguĂ©s, j’ai bien respectĂ© mes zones. J’arrive au dernier ravitaillement avant la grande descente vers Nice, j’attrape une gourde et je relance le vĂ©lo, sauf que j’entends un joli crac dans mon pĂ©dalier, et que le coup de pĂ©dale suivant se fait dans le vide… et j’entends presque ma chaĂźne me dire “continue sans moi!” et la voir tomber sur la route. Autant dire que je dis un mot pas trĂšs poli, casser sa chaĂźne c’est assez rare, en plein IRONMAN c’est vraiment pas de bol. Je m’arrĂȘte, et SURTOUT je me calme, la premiĂšre pensĂ©e Ă©tait: “Je vais devoir abandonner 😭”. Des spectateurs venus en vĂ©lo courent vers moi pour m’aider, me donnent un dĂ©rive chaĂźne et une attache rapide, et me laissent faire ensuite parce que l’assistance extĂ©rieure est interdite sous peine de disqualification. Bref je repars ma chaĂźne dans le calme et en prenant le temps, les spectateurs continuent de m’encourager et me rassurer. J’en fini avec ma chaĂźne, les mains recouvertes de graisse, ces mĂȘmes spectateurs Ă©taient entre temps partis chercher de l’eau et des mouchoirs pour que je puisse m’essuyer les mains. Je leur dit merci au moins 15 fois tellement je leur suis reconnaissant, je suis tombĂ© sur les meilleurs spectateurs du monde! Donc grosse dĂ©dicaces Ă  Manu, Carole et aux autres dont j’ai oubliĂ© le prĂ©nom, du club de triathlon de Cannes (j’ai pas tout retenu j’Ă©tais quand mĂȘme dans tous mes Ă©tats 😅). Ils me disent que j’ai intĂ©rĂȘt Ă  finir la course! Je repars en trombe aprĂšs avoir perdu un peu plus de 10 min, au moins la chaĂźne tient bon!

C’est parti pour la descente je me fais presque renverser par une voiture qui n’avait pas compris le balisage et les signes des policiers (gros dĂ©rapage et arrĂȘt du vĂ©lo Ă  10 cm de la portiĂšre, ça fait bizarre quand tu arrives Ă  plus de 60km/h). Je m’Ă©clate dans la descente et rattrape beaucoup de monde, les gens utilisent beaucoup trop leur freins 😂.

Je rĂ©cupĂšre un bidon sauf que je n’avais pas vu que certains Ă©taient remplis de coca, la gorgĂ©e de coca que j’ai avalĂ© sans savoir a Ă©tĂ© trĂšs compliquĂ©e, j’ai tout de suite senti mon ventre me dire que c’Ă©tait pas une bonne idĂ©e. Sauf que je me retrouve sans eau jusqu’au prochain ravitaillement c’est Ă  dire 17km… et il est 12h, donc plus de 30 degrĂ©s. Je finis le vĂ©lo avec le ventre qui se remets doucement, mais aussi les premiĂšres sensations de dĂ©shydratation (et ça c’est mauvais signe!). Je pose le vĂ©lo, rĂ©cupĂšre mes chaussures et c’est parti pour 30km!

Course Ă  pied

Je pars Ă  l’allure que je m’Ă©tais fixĂ©e, 3:55min/km, une allure que je tenais trĂšs facilement Ă  l’entraĂźnement. Je passe devant mon fan club 💛💚🧡💛 avec des supers jambes et pas vraiment de fatigue. Sauf que la tempĂ©rature avec le bitume donne chaud! Les 5 premiers kilomĂštres sont bons, je ralenti un peu pour en garder sur la fin de course. Sauf que je sens mon estomac qui se rebelle pareil qu’aprĂšs la gorgĂ©e de coca, et comme je n’ai pas pu boire pendant plus de 30min, c’est dĂ©jĂ  trop tard. La boisson Ă©nergĂ©tique des ravitaillement m’Ă©coeure donc je ne peux boire que de l’eau plate, donc le sel est manquant. Je rentre dans le dur les 5km suivants, et je commence Ă  avoir sĂ©rieusement envie de vomir, impossible d’avaler quoi que ce soit. Et il reste 20km.

Pour ceux qui me connaissent, la course Ă  pied est quand mĂȘme mon point fort, et je n’ai jamais eu de souci particulier (que ce soit digestif ou autres) pendant une course. J’aurai prĂ©fĂ©rĂ© expĂ©rimenter ça un autre jour que celui-ci. Je ralenti encore et jure de frustration (2eme gros mot de la journĂ©e ) parce que je sais trĂšs bien ce qu’il va se passer: je ne peux boire que de l’eau sans minĂ©raux, ce qui ne me rĂ©hydrate pas suffisamment, je ne peux rien manger donc mes rĂ©serves de sucre vont arriver Ă  zĂ©ro, et lĂ  ça va ĂȘtre le mur. Je commence le deuxiĂšme tour et bingo, le mur en pleine face. Je me retrouve sans force Ă  10 km/h, alors que mon allure d’Ă©chauffement est Ă  13 km/h, sauf que je n’ai plus du tout d’Ă©nergie. Je m’arrĂȘte sous les douches pour faire baisser la tempĂ©rature, et mes chaussures sont complĂštement trempĂ©es, donc ma peau de pied devient molle, et donc j’ai des cloques, je suis plus Ă  une douleur prĂšs 😅 je passe de la dĂ©pression, la frustration, la colĂšre, le dĂ©sespoir, la motivation en pensant Ă  tous les encouragements de mes proches et les mois d’entraĂźnement, mais quand le corps a dit qu’il n’y a plus d’Ă©nergie on ne peut pas lutter. Mais bon comme je suis disciplinĂ© je me ferme et j’avance par petites Ă©tapes, en acceptant la douleur.

Je finis le deuxiĂšme tour (plus que 10km) et je me force Ă  prendre un gel, il faut tenter le coup! Ça passe, toujours des envies de vomir mais je m’accroche. Je prends un 2eme gel aprĂšs 15min et je sens dĂ©jĂ  le sucre qui fait son effet, je recommence Ă  avoir une allure dans les 12km/h (que je trouve ridicule mais je reviens de loin). Je prends les jambes d’un bon coureur et on fait quelques km Ă  2, ça fait du bien. Je commence Ă  entendre la voix du speaker au loin, c’est bientĂŽt fini ! A 500m de l’arrivĂ©e (je crois) j’entends ma petite soeur m’encourager sur le cĂŽtĂ© et commencer Ă  courir avec moi (en sandales 😂), une piqĂ»re d’amphetamine de combat n’aurait pas eu plus d’effet 😂 je continue avec des larmes dans les yeux, la sensation est trĂšs Ă©trange ! J’entends le mĂ©gaphone d’Audrey, vois MĂ©lanie, Paola, Vincent, FĂ©lix et Esteban dans la foule et cours sur le tapis de l’arrivĂ©e avec une ambiance de fou! Je passe la ligne avec la fameuse phrase du speaker “YOU ARE AN IRONMAN” (si j’avais pu avoir une iron chaĂźne de vĂ©lo aussi đŸ€ŁđŸ€ŁđŸ€Ł), et voilĂ  !

Que la fin fut compliquĂ©e! Je suis quand mĂȘme trĂšs satisfait dans l’ensemble, quelques erreurs qui m’ont coĂ»tĂ© trĂšs cher, mais c’Ă©tait mon premier IRONMAN! Je finis 178eme/2541 et 29eme/305 dans ma catĂ©gorie (Je suis dans les 10%!) ce qui est cool! Il faudra que je travaille certains points pour ne pas me faire avoir, sans ce coup de mou en course Ă  pied j’aurai gagnĂ© plus de 30 min 😁 bizarrement je ne suis pas trop fatiguĂ©, et pas de courbatures, l’entraĂźnement Ă©tait donc suffisant ! Pour finir, merci Ă  toutes les personnes qui m’ont encouragĂ©, c’est un sacrĂ© facteur de motivation! Merci Ă  mon fan club sur place, je suis sĂ»r que les autres concurrents Ă©taient jaloux 🧡🧡🧡🧡🧡 un gros merci Ă  Rosalie de Libreforme8, qui m’a accompagnĂ© pour toute la nutrition, Ă  mes parents, mes soeurs et toute ma belle famille qui me soutiennent dans cette aventure, et ma petite soeur ChloĂ© qui n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  courir en sandales sous les 35 degrĂ©s (mais je suis Ă  peu prĂšs sĂ»r que mes autres soeurs auraient fait pareil đŸ€Ł). Et bon inutile de mentionner ma femme Audrey, qui a autant subi mon plan d’entraĂźnement que moi, et qui m’a supportĂ© (dans tous les sens du terme) jusqu’au bout! Place au repos, avant le prochain dĂ©fi!

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