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East coast
Autant vous prévenir en avance, elle fait plaisir cette course. Le résultat, l’expérience, et l’aventure pleines d’embûches pour y arriver, je me suis retrouvé moi-même pendant cette épreuve, et je pense que j’ai débloqué encore d’autres choses en moi! Et cerise sur le gâteau, comme on est au mois de Novembre, j’ai une moustache pour le Movember 😎 Faire un IRONMAN avec une moustache, ça rajoute un peu de piment.
Deux mois après les championnats du monde de half IRONMAN en Finlande à Lahti, où j’avais enfin renoué avec les bonnes sensations, il était temps de partir pour la course clé de la saison, l’IRONMAN de Floride. Deux objectifs ici, valider les progrès réalisés à l’entraînement en passant sous la barre des 9h de course (ça commence à être pas mal), et obtenir ma deuxième qualification pour les championnats du monde IRONMAN à Hawaï, qui auront lieu en Octobre 2024. Cela nous laissera du temps pour préparer le voyage, ou planifier une autre course si jamais la qualification me passe sous le nez. Un peu d’ambition tout de même en y allant, parce que je pense avoir bien progressé, et j’ai finalement bien encaissé le gros travail que m’a fait faire mon coach Romain. J’ai fait trois semaines à 21h de sport par semaine, qui sont étonnamment bien passées (probablement parce que le coach et l’athlète ont bien fait leur travail!).
Malheureusement, c’est sans ma femme et mes filles que je partais pour cette destination, parce qu’entre les frais, le décalage horaire, les vacances scolaires, etc. c’était un peu compliqué. Mais je ne suis pas parti seul, puisque ma sœur Emilie fera le voyage avec moi! Et comme on est sympa, on a réussi à engrainer notre autre petite sœur Chloé pour partir avec nous. Finalement ce sera un voyage familial, même s’il manque quand même notre grande sœur Marie, mais ce sera pour la prochaine fois!
On se retrouve tous à l’aéroport de Paris, et mes sœurs sortent le grand jeu. Elles ont préparé des badges avec nos têtes dessus, pour annoncer qu’elles étaient mon équipe support, et qu’on était la “Team OG”. Tellement stylé! On n’a pas réussi à compter le nombre de gens qui ont regardé les badges avec insistance pendant tout ce voyage, parce qu’on les portait partout 😂 J’ai même eu plusieurs personnes qui sont venues me demander si j’étais un athlète professionnel. Il faut dire que les badges étaient vraiment très très stylés.
Galères de voyage
Bref, le premier vol est parti presque 1h en retard et nous avions une escale à Atlanta, avec 2h pour rejoindre l’autre porte d’embarquement. Large. Sauf quand on arrive aux États-Unis et qu’il faut passer la police aux frontières, récupérer sa valise vélo, la redonner 100 mètres plus loin, repasser le contrôle des bagages à main, et traverser la moitié de l’aéroport gigantesque. On a raté la correspondance de 5 minutes 😑 Il est presque 22h (heure locale) et nous voilà partis au guichet de la compagnie pour voir ce que l’on pouvait faire, et on doit finalement attendre le lendemain pour prendre le premier vol à 9h50. Au moins la compagnie était plutôt conciliante, vu que le retard était de leur faute, ils nous ont payé une nuit dans l’hôtel de notre choix, on avait également droit à 2 repas gratuits chacun dans l’aéroport. Sachant que l’hôtel qu’on a choisi était quand même à presque 400€ la nuit. On a bien dormi! Par trop de stress mais de la fatigue, on était tous les trois donc ça allait.
Finalement on arrive à Panama City Beach, PCB comme ils disent là bas, et première surprise en sortant de l’aéroport, il faisait 9 degrés, et avec le vent le ressenti était bien pire.
Il peut faire froid, n’importe où, même en Floride! Au final le temps s’est réchauffé au fur et à mesure de la semaine. On arrive à notre hôtel, un building de 27 étages en bord de plage, impressionnant 😂 On est pas du tout dans la saison touristique donc le bâtiment est assez vide, on a toutes les infrastructures rien que pour nous: l’énorme piscine extérieure (au cas où tu t’ennuies de l’océan), la salle de sport, le jacuzzi, le sauna, le cinéma (oui oui le cinéma, qui projette deux films par jour), et probablement d’autres trucs qu’on a pas vu 😂 Je peux vous dire qu’après ces péripéties de voyage, le jacuzzi avec vu sur le soleil se couchant sur l’océan était très agréable.
En remontant à l’appartement, on est carrément tombé sur Arthur Horseau que j’ai reconnu tout de suite (lui ne m’a pas reconnu, malgré nos supers badges!! 😂😂). C’est pas souvent qu’on peut rencontrer un athlète de ce calibre (il a gagné l’Embrunman et à fini 6ème des championnats du monde IRONMAN à Nice cette année), dans un ascenseur. En plus il est vraiment super sympa!
Les derniers entraînements sont passés, le vélo et le corps vont bien. On a volontairement levé le pied avec mon coach Romain pour arriver frais à la course, et je me suis doublement reposé pour effacer les traces du voyage.
J’ai aussi pris l’habitude depuis quelques courses de me caler le plus vite possible sur l’heure du réveil de la course presque une semaine avant, comme ça mon corps s’habitue à se coucher et se lever tôt. C’est bizarre de se coucher à 20h30 pour se lever à 5h, mais le matin de la course on est content quand on a bien dormi! Check in done, tout est prêt pour la course, et on s’amuse quand même beaucoup avec mes soeurs, c’est vraiment trop cool de partager ce moment avec elles. Emilie a pris le contrôle de mes réseaux sociaux, je crois qu’il n’y a jamais eu autant de contenu en si peu de temps 😂
Jour de course
Matin de la course, réveil tranquille à 5h, on est à 10min à pied du départ qui est à 6h50. J’ai bien stressé (genre bien bien stressé) la veille et pendant la première moitié de la nuit, jusqu’au alentour de 1h30 du matin où je me suis dit “demain peu importe ce qu’il se passe, tu as fait tout ce que tu pouvais faire pour te préparer correctement. S’il y a un imprévu, on verra sur le moment. La SEULE chose que tu peux faire jusqu’au départ c’est finir de dormir le mieux possible”. Croyez-moi ou pas, le stress s’est envolé et je me suis endormi comme un bébé.
On part pour la course, petite visio avec ma femme à quelques milliers de kilomètres de là pour un dernier encouragement, il fait 14 degrés dehors donc ça va! Le thermomètre montera jusqu’à 26 l’après-midi, donc super temps! Je passe régler mon vélo, je remplis mes sacs de transition, tout est en place, et je suis franchement détendu, c’est cool. On part pour le départ, on a droit à l’hymne américain chanté a cappella, c’est très émouvant. Ils ne rigolent pas avec l’hymne les américains, on a eu l’impression que le temps s’était arrêté, plus personnes ne bougeaient! Grosses embrassades avec mes sœurs (pas mal de larmes de ma part), l’organisation met la musique: Lose yourself d’Eminem. Gros montée d’adrénaline, je me dis dans ma tête que je suis pas là pour faire figuration, et que je vais prendre mes responsabilités. Donc ni une ni deux, je ne refais pas la même boulette qu’en Finlande, je vais me mettre tout devant dans le sas de départ. TOUT DEVANT. Les pro hommes partent à 6h40, les pro femmes à 6h45, et nous à 6h50. Donc je suis parti à 6h50, pas à 51, à 50, parce que j’ai enfin pris mes responsabilités 😂
Natation
La natation était en 2 boucles de 1900m, avec une sortie à l’australienne sur le sable, pourquoi pas! La première boucle se passe très bien, l’eau est à 23 degrés donc presque chaude avec la combi, et le soleil qui se lève est splendide. Je sens un peu de courant mais il n’y a pas trop de vagues donc c’est assez facile de nager. Il y avait des milliers de petites méduses dans l’eau c’était assez marrant de passer la main dedans, ça me faisait penser à de la gelée 😂 Elles ne piquaient pas donc aucun risque, mais en parlant avec d’autres athlètes après la course, je suis le seul à avoir trouvé ça marrant. Passage sur le sable en fanfare avec mes sœurs qui faisaient plus de bruit que tout le public réuni, elles ne sont pas là pour rigoler 😮 J’ai fait la première boucle en 28’, pile dans les temps pour refaire 56’ comme en Autriche, je suis content. Je repars pour la deuxième boucle, mais cette fois-ci avec toute la foule, parce que tous les autres athlètes n’étaient pas encore partis dans l’eau. Donc un peu galère de se retrouver au milieu des packs de nageurs qui nagent moins vite. J’ai perdu un peu de temps sur la seconde boucle, et je ferais 58’51”, un peu plus lent que prévu mais toujours bien au-dessous de ce que je pouvais faire auparavant. Plutôt satisfait donc.
Pas le temps de me poser des questions, je déboule dans le parc à vélo, toujours sous les encouragements de mes sœurs, et avec une énergie au top, je me sens bien. Je mets mon casque, prends ma nutrition, mon bracelet porte bonheur (toujours le même qui m’a été confectionné par Paola 💙), je prends le vélo et je m’élance pour les 180 km de plat.
Vélo
Pas mal de vent sur la route mais c’est gérable, c’est mieux que les jours précédents. Pour ceux qui disent “c’est facile quand c’est plat”, je les invite à faire les 180 km sur du plat. La subtilité c’est que si on s’arrête de pédaler, il n’y aura pas de descente pour maintenir la vitesse, donc on pédale tout le temps, il n’y a jamais de pause. Et ça, ça fait bien mal aux jambes. Pareil pour la position aéro sur les prolongateurs, à part les quelques demi-tours ou les ravitaillements, on reste dans cette position, et c’est vraiment usant. J’ai roulé tout seul (vraiment tout seul) jusqu’au premier ravitaillement au kilomètre 50, sans bouger de mes prolongateurs, donc ~1h15 dans la même position. J’ai eu des courbatures aux trapèzes après la course 😂
Bref ça roule bien, je rattrape d’autres athlètes dont certaines pro femmes, des vraies machines 😮 Encore des athlètes qui ne respectent pas les règles du drafting, mais cette fois ci je les rappelle à l’ordre moi-même, surtout quand ils viennent se cacher discrètement derrière moi. Je ne sais pas où sont les arbitres une fois de plus, donc tant pis. En tout cas ça roule fort et j’ai de bonnes jambes, je tiens les watts prévus, et avec la bonne position que j’ai travaillé et la roue lenticulaire, ça va vite!
Le décor est assez sympa, il faut aimer les longues lignes droites par contre. Au final je ne vois pas trop le temps passer, je suis mon plan d’hydratation/nutrition à la lettre et je n’oublie pas de m’asperger d’eau le plus souvent possible. Il commence à faire chaud comparé au début du vélo, donc il ne faut pas se faire avoir. J’ai commencé à avoir envie de faire pipi au bout de 3h (je vous livre tous les détails), première fois que ça m’arrive en course. Je précise que j’ai gardé le contenu de ma vessie DANS ma vessie. Voilà c’était le fait marquant sur le vélo! Pour résumer sur le vélo, je suis assez satisfait de ma prestation, j’ai eu de l’énergie tout le parcours, j’ai pu relancer même à la fin des 180km et doubler quelques personnes, qui n’avaient pas l’air aussi fraîches que moi. Romain m’avait dit que j’en aurais peut-être marre au bout de 130-140km, et qu’il faudrait que je m’accroche, mais ça n’est pas arrivé. J’étais peut-être un peu trop conservateur en y repensant. Je sais déjà qu’il m’a préparé des surprises dans les entraînements vélo de l’année prochaine! 😂
Je termine le vélo après une dernière longue ligne droite en bord de mer, pas le temps d’admirer les splendides maisons. Il m’aura fallu 4h36’34” pour faire 180km, soit 39,2km/h de moyenne. J’ai bien progressé 😂😂
Course à pied
Je suis accueilli au parc à vélo par mes deux sœurs, j’avoue que j’ai pas tout compris de ce qu’elles me disaient, entre le vent dans les oreilles et faire attention à ne pas tomber en descendant du vélo, ça faisait beaucoup d’informations à traiter. Je passe par les toilettes pour vider ma vessie, j’ai cru que ça ne s’arrêterait jamais. J’ai fait peur à Emilie d’ailleurs quand elle m’a vu prendre cette direction, elle pensait que j’étais malade. Mais non non, je me sentais super bien! Bonne transition en allant vite mais en m’assurant que je n’oublie rien, comme disent tous les coachs “ne pas confondre vitesse et précipitation” 😂 Je prends lunettes de soleil, casquette, nutrition et hydratation dans mes mains et je pars en courant. Je les mets ensuite au bon endroit (nutrition dans les poches arrière de la trifonction, casquette sur la tête, etc. vous avez compris le principe), petite astuce pour perdre moins de temps en transition.
Je déboule pour commencer le marathon, j’entends Chloé qui me dit que je suis 4ème de ma catégorie, que les deux devants sont à moins de 2 minutes, et que le premier est 6 minutes devant. J’étais chaud pour rentrer dans le rôle du chasseur.
Deux boucles de 21km pour ce marathon, on avait discuté avec Romain de faire les premiers 10km en glandouille (il m’a vraiment dit ça), les 20 suivants à la bonne allure pour laisser la fatigue venir, et de lâcher les chevaux (dans la mesure du possible 😅) sur les 10 derniers. Premier kilomètre où je me sens vraiment très bien, même à presque 15 km/h j’ai l’impression de faire un footing tranquille. Je me gère et je m’emballe pas, on reste sur une allure glandouille, c’est le coach qui l’a dit. Je dépasse une athlète pro (une canadienne) qui me rattrape juste après, et me demande si je pars pour faire moins de 3h sur le marathon, je lui dit que oui. Elle a l’air trop contente et me demande si elle peut courir avec moi, pourquoi pas! Après mon épopée fantastique avec Read pendant les championnats du monde en Finlande, me voilà parti pour une autre aventure avec Erin Snelgrove. Les kilomètres défilent sans effort, à 4’09”/km (14,5 km/h), en contrôlant bien la foulée et en prenant suffisamment d’eau à chaque ravitaillement, il fait quand même 26 degrés et un grand soleil. C’est super cool de courir avec Erin, elle a une foulée magnifique et elle me dit qu’elle est 7ème chez les pro pour le moment, et qu’elle veut arriver 5ème.
On croise Emilie après 13 ou 14 kilomètres, elle me dit que je suis 3ème (j’ai doublé mon concurrent sans le savoir), que le 2ème est 1 minute devant mais qu’il est en train de craquer, et que le premier n’est plus que 3 minutes devant. La chasse continue.
Fin de la première boucle, 21 km sans broncher, toujours avec Erin à mes côtés, qui me glisse que je suis un vrai métronome, c’est effectivement une de mes forces 😀
On repart pour la 2ème boucle, je sens après un passage de ravitaillement qu’elle a du mal à repartir et qu’elle a un petit coup de mou, j’essaie de temporiser mais elle ne revient pas, et avec un peu de tristesse je reprends le rythme, ça reste une course individuelle, et j’ai toujours les deux premiers à rattraper!
Je croise Chloé au 23ème kilomètres qui me dit que j’ai dépassé le 2ème (je ne sais pas quand 🤷) et que le premier n’est plus que 2 minutes devant. Je me dis trois choses dans ma tête:
- Je vais terminer la course haut la main, j’ai encore de l’énergie
- Je vais aller chercher la première place
- Je suis sûr d’avoir ma qualification pour Hawaï si je continue comme ça
Pour qui, pourquoi, j’accélère un peu (0,5 km/h plus vite) parce que ça passe tout seul. Je croise Emilie quelques kilomètres plus tard, qui me dit que je n’ai plus qu’une minute trente de retard sur le premier, et que Romain lui a dit qu’il n’a jamais fait moins de 3h sur le marathon, donc que j’ai l’avantage. Elle arrive à me dire tout ça et à ajouter des encouragements par dessus en un temps record, elle parlait tellement fort que vous avez dû avoir l’écho jusqu’en France 😂 Je l’ai dit avant mais mes sœurs ont fait une team support de fous! On a parlé avant la course des informations que j’aimerai bien avoir pendant la course, et les phrases “trigger” pour me motiver. Elles ont exécuté ça à la perfection.
Je passe le 28ème kilomètre et je commence à me dire que ça commence à piquer, même si je grappille du temps petit à petit, je n’ai pas encore fait le dernier demi tour avant les 10 derniers kilomètres. Je n’avais pas mal aux jambes mais j’ai commencé à avoir un petit coup de mou, et même si on est plus proche de la fin de la course que du début, 14km ça peut être très très très long si on est dans le dur. Les 4’09”/km que je tiens depuis le début passent à 4’20”/km pendant 3 km, et le coup de mou continue. Je passe le ravitaillement qui est 50 mètres avant le demi tour, et je me dis “ok, t’as le droit de marcher pendant 5 secondes et on y retourne”. Je bois un bon coup d’eau, je marche tranquillement en comptant 5 secondes dans ma tête, je repars et je passe le demi tour. Et j’étais reparti. Il me reste 10 km pour me faire plaisir et profiter de la fin de cette course qui s’est super bien passée pour le moment, pour aller chercher la première place et exploser mon chrono sur la distance. Je me remets dans le rythme, même si franchement… ça pique 😅
Je commence à me faire un compte à rebours dans la tête, plus que 8 kilomètres. 7 kilomètres. Je dépasse un gars qui a l’air solide, et surtout qui a beaucoup de sponsors sur sa trifonction. Je jette un oeil à son dossard, et je vois que c’est un pro. Je viens de doubler un triathlète pro, alors qu’il est parti 10 minutes avant moi. Je me dis qu’il doit être dans un très mauvais jour, et je me dis aussi que j’ai bien progressé, c’est important pour ma fierté personnelle 😂
500 mètres plus loin j’entends le premier athlète qui va me dépasser pendant ce marathon, et ce n’est pas un athlète mais UNE athlète. C’est Erin qui m’a finalement repris, elle me dit quelque chose, mais je ne sais pas quoi parce que suis un peu dans le dur. Mais je reste juste derrière elle pour m’accrocher. Plus que 4 kilomètres. Je vois un gros immeuble au loin, et je me donne comme objectif de me remettre à côté d’Erin (et pas derrière) à partir de cet immeuble. On arrive à l’immeuble et je respecte mon objectif. Nous revoilà reparti côte à côte pour les 3 derniers kilomètres. Beaucoup plus d’ambiances sur cette partie là de la course, et même si mes jambes commencent à m’envoyer des petits messages de détresse, c’est hors de question de ralentir.
1 kilomètre, j’ai les ischios qui sont à deux doigts de la crampe, je suis en pleine concentration pour ne pas faire de faux pas, sinon je vais avoir du mal à repartir. Erin relance encore plus le rythme et elle me distance de quelques mètres, je lui dis d’y aller et de continuer à accélérer. Plus qu’une centaine de mètres, je croise Chloé une dernière fois qui me dit que le premier est 20 secondes devant, petit shot d’adrénaline, je relance le rythme aussi.
Dernier virage à droite pour aller vers la ligne droite de la fin, je vois la ligne d’arrivée et j’ai l’impression d’avoir lancé un sprint de folie. Dans ma tête je cours au moins à 20 km/h. Dans les faits je suis à 16 km/h 😂 mais pas mal pour une fin de marathon d’IRONMAN ah ah ah. 2h58’ pour le boucler. Aucune idée de ce qu’il se passe ensuite, je suis comme un saumon. Complètement fumé. Une bénévole me parle et m’accompagne jusqu’à la tente de l’arrivée, j’ai dû lui raconter ma vie mais je ne me souviens plus exactement quoi. Je me souviens juste que j’étais vraiment content de ma course, soulagé d’avoir terminé, et que je lui ai donné le bracelet que l’on avait eu en cadeau pour la remercier d’avoir participé à l’organisation de la course.
Je croise Erin juste après, elle me dit qu’elle a finalement terminé 4ème de la course, au-delà de ses espérances! Et elle me dit que c’était trop cool d’avoir couru ensemble. Je suis bien d’accord!
J’ai finalement terminé 2ème en 8h42’04”, à 50 secondes de Victor, et pas 20 secondes. Il était effectivement 20 secondes devant moi quand Chloé l’a vu (parce qu’elle a carrément démarré un chrono quand elle l’a vu passer), mais il a dû partir 30 secondes derrière moi au départ! Comme quoi au bout d’un moment ce sont les petits détails qui comptent. 50 secondes ça doit à peu près être ma pause pipi à la transition après le vélo 😑 En discutant avec lui le lendemain, il me racontera qu’il a vraiment flippé parce que sa femme lui disait que je revenais sur lui. Il a eu chaud. Je lui ai dit en blaguant qu’on se retrouverait à Hawaï pour refaire un match. On a bien rigolé. Mais on sait aussi tous les deux qu’on ne blaguait pas du tout et qu’on va tout donner pour être devant l’autre ah ah ah 😂 on reste des compétiteurs même en se respectant.
Bref, je sors de la tente d’après course et je retrouve mes soeurs, et on peut tous laisser nos émotions sortir, il y en a un petit paquet à évacuer 😂 J’ai besoin de me poser un peu sur une table parce que je ne me sens pas au top, je commence à avoir froid et je suis un peu nauséeux, mais ça part en quelques minutes. Je n’ai jamais eu ça après une course, mais ça me fait dire que j’ai bien laissé toutes mes forces dans la course.
J’appelle Audrey en visio, je peux enfin lui dire qu’on l’a fait, et qu’on repart à Hawaï 😀 (je fais une pause dans l’écriture du rapport pour aller chercher des mouchoirs ahahah). Pendant que j’étais au téléphone, mes sœurs étaient parties chercher des glaces pour se refaire une santé. Que d’émotions pendant cette course!
Une fois de plus j’ai bien raconté ma vie! Mais il y avait quelques aventures à raconter. Je n’étais pas venu en Floride pour trier des lentilles, et ça s’est confirmé. Maintenant place à la saison 2024, avec Hawaï en apogée, et cette fois-ci le rapport de course sera joyeux!
Merci de m’avoir lu jusqu’ici, la saison 2023 finie sur une bonne note et plein d’espoir et d’attentes pour la prochaine 😀 Que dire encore une fois, à part un énorme merci à toutes les personnes qui m’accompagnent et me soutiennent dans mes aventures, mes filles adorées, ma famille, mes amis, mes collègues (actuels ou anciens), mon coach Romain Guillaume, mes partenaires (Tacher Acogex, Culture Vélo Le Havre, Precision Fuel & Hydration), mes kinés/ostéo Antoine et Pierre-Antoine (coeur sur vous), mon club le HAC triathlon, ma chère team SRE 💚💙 (qui sont témoins chaque Vendredi de l’intensité des entraînements des Jeudis 😂), mon entreprise Doctolib, l’AB Sports Piscine et SPA (on est toujours bien accueilli, et j’ai toujours droit à une installation spéciale pour mes séances 😀), et enfin mon village de Mannevillette (je peux vous dire que c’était drôle quand le speaker américain a annoncé mon nom et mon village pour m’appeler sur le podium).
Mention toute spéciale à mes deux sœurs, mon crew pour cette course, qui devaient être aussi fatiguées que moi après la course tellement elles ont dépensé d’énergie. On a passé une semaine ensemble sur un autre continent, et on a tellement de nouveaux souvenirs. Mum, j’ai bien pris soin de mes sœurs, et elles ont bien pris soin de moi 😂
Audrey, même à 7000 km de distance tu étais avec moi 💙💙💙
Des stats!
Un peu de statistiques et de données sur la course:
Natation:
- Strava - Natation
- 58’51”
- 1’32”/100m
- 113 sTSS
Vélo:
- Strava - Vélo
- 4h36’34”
- Vitesse moyenne: 39,2km/h
- Vitesse maximum: 60,1km/h
- Puissance normalisée: 222 Watts (Romain avait dit 230 minimum, j’espère qu’il a pas regardé)
- Puissance maximale: 546 Watts
- Dénivelé positif: 507m
- 232 TSS
Course à pied:
- Strava - Course à pied
- 2h58’02” (le record de Romain sur IRONMAN c’est 2h57, il ne me l’a dit après la course le coquin… son record tombera au prochain IRONMAN!)
- Allure moyenne: 4’13”/km (14,2km/h)
- Allure maximum: 3’40”/km (16,4km/h)
- Dénivelé positif: 83m
- 237 rTSS
Nutrition, avec uniquement des produits Precision Fuel & Hydration (PF&H):
- Avant la natation:
- 1 PF&H caffeine gel 30g
- Transition T1:
- 1 PF&H caffeine gel 30g
- Vélo:
- 2 gourdes (1L chacune) avec 120g de PF&H mix (120g de glucides/2000mg de sodium)
- 1 gourde (800 mL) avec 1 PF&H gel 90g & 1 sachet PF&H 1000 (90g de glucides/1000mg de sodium)
- ~3 bouteilles d’eau de 500mL
- 1 PF&H caffeine gel 30g
- 1 PF&H gel 90g
- 3 PF&H gel 30g
- Transition T2:
- 1 PF&H caffeine gel 30g
- Course à pied:
- 1 PF&H gel 90g
- 2 PF&H gel 30g
- 1 soft flask (500mL) avec 1 PF&H gel 30g et 1 sachet PF&H 1000 (30g de glucides et 1000mg sodium)
- 4 capsules d’électrolytes (250mg de sodium chacune)
- 1 verre d’eau (~100 mL) par ravitaiilement (20 au total)
Donc au total environ 94,18g de glucides, 813mg de sodium et 790mL d’eau par heure pour cette course. Assez proche de ce que j’avais fait pendant la course en Finlande. Un peu plus d’eau et de sodium, mais il faisait sensiblement plus chaud (et il faisait beau!!!).